Catherine Durand: plus ambiant, moins folk

Par Ugo Giguere
Catherine Durand: plus ambiant, moins folk
Catherine Durand a présenté un répertoire plus ambiant qui tend à s'éloigner de son passé plus folk.

Fuit-elle les tendances comme la peste ou les devance-t-elle toujours d’un pas? Peut-être est-ce là l’énigme Catherine Durand. Alors que le folk et le country occupent l’espace musical québécois et prennent de plus en plus de place dans le grand public, celle qui maîtrisait si bien le genre est déjà ailleurs.

En attendant la chanteuse, assis sur un petit banc de l’église United, on s’entretient avec un collègue de la radio suisse. «Vous avez trop de chanteuses ici, en Suisse elle serait une grande artiste», glisse-t-il. En effet, Catherine Durand est sans doute la meilleure auteure-compositrice-interprète que le grand public continue de bouder.

 

Est-ce que ça va finir par lever? L’éternelle question. «On ne sait pas. J’aimerais ça!», répond Catherine au moment de s’installer sur la banquette avec l’intervieweur. Avec Cœurs migratoires, elle a continué de grapiller son lot de nouveaux fidèles, mais encore là, pas de mouvement de masse. Et pourtant, l’œuvre est magnifique, toute en nuances, enveloppante et la voix si caressante, presque subliminale.

 

«Chaque fois, ça monte un peu plus. Lentement.», fait-elle remarquer.

 

Justement. Cette lenteur, ce flottement, c’est ce qu’il y a de si beau dans l’univers de Catherine Durand. On se laisse porter, on décroche pour partir avec elle, au diable la destination l’important c’est le voyage.

 

Sur le nouvel album qui vient de paraître, Les murs blancs du nord, la musicienne nous emmène dans ses souvenirs d’Islande. «Je suis allée en Islande en hiver. Pour décrocher. C’est quand je suis revenue que j’ai pris le temps de m’asseoir et d’écrire pour l’album», raconte-t-elle.

 

Exit les banjos, le lap steel, place à l’orgue et au piano. Surtout, place aux grands espaces, au vent qui souffle ses murmures à l’oreille comme le fait si bien Catherine.

 

Cette voix qui s’insère en filigrane dans la trame musicale, ne s’impose jamais. Tout est calculé, à chacun sa place et la voix doit y trouver son compte comme un autre instrument.

 

«Je suis beaucoup plus une fille de musique que de paroles. Je compose d’abord une mélodie et une atmosphère générale, ensuite la voix. Je considère toujours la voix comme un instrument en soi», décrit-elle.

 

Vendredi après-midi devant un parterre de diffuseurs, directeurs de festivals et médias venus d’Europe et d’ailleurs dans la francophonie, l’artiste souhaitait seulement quelques invitations. Ses albums pourraient bien se retrouver bientôt chez les disquaires d’Europe francophone. On lui souhaite. Sincèrement.

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