Des jeunes apprennent à se maîtriser avec les arts martiaux

Redressements assis, pompes, course, cross fit, soccer, estime de soi, contrôle, dépassement. Le Programme d’aide au développement et au contrôle de soi par les arts martiaux (PADAM), dirigé par une policière de la Sûreté du Québec de Brome-Missisquoi, va beaucoup plus loin que les arts martiaux. La dizaine de jeunes, âgés entre 7 et 15 ans, qui y participent bougent, écoutent, travaillent beaucoup sur eux-mêmes et progressent, tant dans le programme, à la maison qu’à l’école.

«David en est à sa deuxième année au PADAM. Après quelques semaines, on a vu une amélioration. David, c’est un impulsif. Il est maintenant capable de faire la différence entre un coup accidentel et un coup volontaire», raconte Robert Champoux, le père de David.

Le garçon de dix ans, qui a un déficit de l’attention, un problème d’impulsivité et d’hypersensibilité au bruit est maintenant capable de se calmer lui-même lorsque la pression monte trop. Si bien, que le 30 mai dernier, lors de la dernière séance du PADAM, David Champoux a reçu le trophée de la personne qui s’est la plus améliorée à l’école, à la maison et au PADAM. «Je suis très surpris, mais je suis content», dit David, un brin gêné. Sa mère, Manon Régimbald, est également étonnée. «C’est une surprise, mais en même temps, on avait constaté son développement», ajoute-t-elle. 

«PADAM connait une bonne évolution avec les enfants. Jusqu’à présent, on ne se trompe pas. Il aide les jeunes à se contrôler et à sortir leur agressivité avec les arts martiaux», indique le policier Charles Beaulieu, instigateur de PADAM.

Le trophée de la persévérance a été remis à Kelly Ann Ouellet Dumont, 10 ans, la seule fille du groupe. «Kelly Ann doit travailler sur sa timidité. Quand elle a parlé la première fois, les gars se sont mis à applaudir», raconte Geneviève Racine, la responsable du PADAM et policière à la SQ. «Cette année, j’ai vu une bonne différence, surtout avec ma fille. Elle a plus confiance en elle», dit Pascale-Renée Dumont, la mère de Kelly Ann.

Contrôle et maîtrise de soi

Ce n’est pas n’importe quel jeune qui peut participer à PADAM. «La Sûreté du Québec va voir les directions d’école et les professeurs pour présenter PADAM. On cible des étudiants et ils remplissent une fiche d’inscription. Le parent doit dire pourquoi le jeune doit venir au cours. Avec la fiche, je suis capable d’adapter les cours selon les besoins», explique Geneviève Racine.

«J’enseigne le combat. N’importe qui est capable de donner des coups de poing et des coups de pieds, mais pas de contrôler», ajoute-t-elle. Geneviève Racine apprend aux jeunes participants à contrôler les mouvements et les gestes afin de bien maîtriser les techniques. «Ils apprennent à bien bloquer, à bien recevoir et à respecter leur adversaire», enchaîne l’agente Racine. Si bien que ce n’est qu’en février dernier que les jeunes ont pu enfiler la tenue de combat, et ce, même si la session avait débuté en septembre 2011.

Un suivi est également fait auprès des jeunes et des parents. «Est-ce que ç’a bien été? Est-ce qu’il s’est battu? Si oui, pourquoi? Les élèves ont un calepin où j’y inscris un point fort et un point à améliorer. Les parents doivent le signer. C’est via les parents que je sais si ça fonctionne, si le jeune s’améliore.»

«On n’est pas une solution miracle. On est un outil de plus. Les parents restent dans la pièce d’à côté et voient la séance. Ils s’impliquent. C’est un des buts. Nous ne sommes pas des magiciens, mais bien des êtres humains», conclut Mme Racine.

 

 

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