Objets inusités trouvent preneurs à l’encan municipal de Bromont

Un camion pompe incendie 1976, un spa, un lot d’habits de pompier, des tonnes de vélo, des téléviseurs, des paires de skis, une bassine pour le lavage des mains, un urinoir. On trouve de tout dans un encan municipal, même un sac rempli d’outils de cambriolage!

Samedi dernier, l’atelier municipal de la Ville de Bromont, situé sur la rue du Pacifique, s’est transformé en entrepôt pour accueillir l’encan annuel de la municipalité, menée par l’encanteur Réjean Lehoux, de Cowansville.

Sur le coup de 9 heures, les acheteurs potentiels commencent à arriver. Certains habitués venaient dans l’espoir d’acquérir les quelques véhicules à vendre. «On est remorqueur. On ramasse la ferraille», dit Daniel Brosseur, entouré de quelques collègues. Ce dernier indique qu’en plus de l’encan de Bromont, il participe à ceux de Cowansville, Granby et Montréal.

D’autres citoyens, pour qui il s’agissait d’une première participation, sont présents pour un item bien particulier. «C’est la première fois que je viens. C’est pour le spa, c’est tout! Je vais peut-être regarder pour un vélo, mais ce n’est pas la priorité», lance la Bromontoise Hélène Rochette. Cette dernière a prévu une somme de 400$ pour faire l’acquisition de l’objet tant convoité. «Ce serait une aubaine de l’avoir à ce prix-là, mais je n’ai aucune idée du prix qu’il peut être vendu. Je ne suis pas à ma place ici.»

Quelques minutes avant le début de la vente, l’encanteur, qui compte plus de 1 500 encans à son actif, raconte que c’est la première fois qu’il s’apprête à vendre un camion de pompiers. «J’ai déjà vendu des tombes… Ça, c’était quelque chose», confie-t-il.

L’encan de Bromont est un petit dans le genre, mais ça ne l’empêche pas de dissimuler des articles pour le moins inusités, comme… un sac d’outils de cambriolage, avec l’étiquette de saisie du Service de police de Bromont en prime. «Ça, c’est un kit extraordinaire. C’est du <I>stock<I> de voleurs et on dirait qu’il n’a pratiquement pas servi», lance M. Lehoux, un sourire au visage.

100$! Qui dit 150$?

10h00. L’encanteur attire l’attention de la cinquantaine de personnes présentes. «On va débuter avec les véhicules. J’invite tout le monde à l’extérieur», dit M. Lehoux dans un micro relié à un petit amplificateur.

Six véhicules sont en vente et tous sont achetés par le même homme pour une valeur totale de 475$. Le septième item en lice est un rutilant camion pompe incendie de marque Ford datant de 1976. La mise de départ est placée à 500$. Le premier offrant baisse la mise à 100$. Deux hommes se disputent le poids lourd pendant plusieurs minutes à coups de 50$ jusqu’à ce que Ghislain Bourque, de Bourque Métal, une entreprise basée à Brigham, place une offre de 1 750$ qui n’est pas surenchérie par son opposant. «J’ai plus de 200 camions de pompier à mon actif. 100% du camion sera recyclé. Le métal sera coupé et refondu en deux jours. Tout ce qu’on garde, c’est la pompe à eau qui se revend bien», explique l’acheteur.

De retour à l’intérieur, pompes à eau, clavier, contenant de rangement, bassine, urinoir et deux contenants remplis de boîtes électriques se succèdent à l’avant jusqu’à ce que Réjean Lehoux, juché sur une petite caisse blanche, offre aux acheteurs le lot d’habits de pompiers. Prix de départ: 100$.

Maxime Boileau, un jeune père de famille, demande s’il peut se limiter à acheter une seule paire de bottes. «Non, ça se vend en lot», répond l’encanteur. Devant le silence de l’assemblée, Maxime Boileau offre «deux piastres». Un autre homme surenchérit. Avec une ultime offre de 10$, Maxime Boileau part avec le lot qui compte une dizaine d’ensembles de combat d’incendie (manteau, pantalon et bottes). «Je voulais juste une paire de bottes! Ça va me faire un suit d’Halloween», lance, en riant, le principal intéressé quelques minutes après son achat.

Paires de skis, planches à neige, chaises, coffres à outils, bidons d’essence, radios de voiture, bottes de ski, vélos de montagne, chaises de camping, téléviseurs, une veste de sauvetage, un GPS et un rétroprojecteur passent tour à tour sur la table de démonstration placée devant les acheteurs potentiels.

Si plusieurs vélos trouvent preneurs pour quelques dollars tout au plus, deux vélos de montagne sont vendus respectivement 425$ et 500$. Une fois les dizaines de bicyclettes écoulées, la moitié des gens quittent sous l’œil attentif de policiers bromontois qui s’assurent que tout le monde a bien acquitté son dû.

Un parfait kit de voleur

Peu après 11h20, c’est au tour du sac rempli d’outils de cambriolage d’être mis à l’enchère. «C’est un kit qui parle de lui-même, lance l’encanteur Lehoux. C’est extraordinaire. Ça a de l’histoire ça! Ne donnez pas votre nom, donnez celui de votre voisin», dit-il en blaguant avant de placer la mise à 50$. Le «parfait kit du voleur» sera finalement vendu pour 100$.

Dix minutes plus tard, Réjean Lehoux en est à vendre le dernier item disponible, un spa saisi le 21 juin 2011 par les policiers de Bromont lors d’une perquisition à Saint-Joachim-de-Shefford. La première mise est placée à 50$. «850$, une fois, deux fois, trois fois. 850$, sold, vendu», lance, pour une dernière fois, l’encanteur qui débite à un rythme impressionnant.

«Je ne suis pas déçue. Ça s’appelle être à la recherche d’aubaine! Mais après l’achat, ça ne s’arrête pas là, il y a le béton, l’électricien et l’aménagement paysager», poursuit Hélène Rochette qui est repartie les mains vides.

Au final, l’encan d’objets saisis et trouvés par les policiers et les vieux équipements municipaux a permis à la Ville de Bromont d’empocher 6 315$.

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