Opération sauvetage à Brigham

Un homme dérive dans la rivière Yamaska et crie à l’aide. En plein mois de février, la température de l’eau frôle le point de congélation. Six pompiers du Service de sécurité incendie (SSI) de Bromont, Saint-Alphonse et Brigham arrivent sur les berges. Deux d’entre eux, attachés avec des harnais, s’approchent du cours d’eau. L’un plonge vers la victime et la ramène supporté par son collègue. Lundi dernier, cette situation était fictive pour une dizaine de pompiers qui participaient à une séance de formation de sauvetage sur glace à Brigham afin d’être prêts à intervenir dans la réalité.

«45, tir, 45, tir», crient les pompiers en s’aidant d’un pic à glace. Peu à peu, la personne, tirée par les deux sapeurs, est complètement sur la terre ferme et est prise en charge par les ambulanciers.

S’ils ne souhaitent pas faire ce type de sauvetage, les pompiers se doivent d’être formés à intervenir pour ce genre de situation. «Le métier a beaucoup évolué. Il n’y a pas si longtemps, le pompier éteignait les feux. Après il y a eu des systèmes d’alarme, la prévention a débuté. On a ensuite ajouté les pinces de désincarcération et maintenant, ça! On doit être bon dans tout et pour y arriver, l’entraînement est essentiel», explique Louis-Philippe Éthier, directeur du SSI de Bromont, Saint-Alphonse et Brigham.

Après avoir suivi un volet théorique, les sapeurs mettent en pratique leurs nouvelles connaissances. Au total, la formation, qui comprend le sauvetage sur glace et le sauvetage nautique (avec un zodiac), dure 45 heures et sera suivie par la quarantaine de pompiers du SSI Bromont. «La phase 2 de la formation, avec le zodiac, aura lieu cet été», ajoute le directeur Éthier. L’été passé, les sapeurs ont eu un volet de formation terrestre avec le maniement des VTT.

Trois sauvetages par année

Depuis 2006, bon an, mal an, les pompiers de Bromont sont appelés à faire trois sauvetages sur un plan d’eau, qu’il soit gelé ou non. «Dès que l’eau est froide, on utilise les équipements d’aujourd’hui», mentionne M. Éthier. Parmi les outils, les sapeurs utilisent du cordage, des habits d’immersion, des casques protecteurs, des pagaies et un polar 75. Les pompiers peuvent aussi bien aller sauver quelqu’un qui faisait de la pêche blanche, qui patinait sur un lac qu’un motoneigiste en détresse sur une étendue d’eau mal gelée ou un chien qui dérive sur la banquise, énumère le directeur Éthier, en guise d’exemples.

«Dans ces situations, chaque seconde, chaque minute compte. C’est pour ça que c’est important d’être organisé et équipé à l’interne. On a toujours été prêt. On avait des vestes de sauvetage, mais ça laissait place à l’improvisation. On n’avait pas beaucoup de veste et de cordage. On était beaucoup plus exposé aux accidents de travail, constate M. Éthier. Là, on est bien équipé. Il s’agit maintenant de bien utiliser l’équipement.»

Au cours de cette formation donnée par un instructeur de l’école de pompiers du campus Notre-Dame-de-Foy, les participants ont appris deux techniques de sauvetage, une à l’aide d’un polar 75, une embarcation de sauvetage sur glace, et l’autre à l’aide de harnais et de pics. Cette dernière semble plus éprouvante. «C’est dur! On est à plat ventre. Il faut coordonner nos mouvements pour ne pas se fatiguer. Dans la vraie vie, sur le coup de l’adrénaline, c’est autre chose! Il faut faire vite», raconte Daniel Plouffe, pompier à Bromont depuis un an et demi.

Rappelons qu’au printemps 2012, le Service de police de Bromont, Saint-Alphonse et Brigham a acquis, au coût de 132 558$, de nombreux équipements de sauvetage spécialisé, dont une remorque, une camionnette, un zodiac, un véhicule tout-terrain, des casques protecteurs, des habits d’immersion en eau froide et une embarcation de sauvetage sur glace.

 

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