Pipeline: les opposants manifestent à Dunham

Deux ans après le plus important déversement de pétrole brut en sol américain, à Kalamazoo, le Comité pour l’environnement de Dunham a tenu à réitérer son opposition au projet de Pipe-Lines Montréal, qui inclut une éventuelle station de pompage au coin des chemins Favreau et Childerhouse. Une soixantaine de citoyens ont appuyé les craintes de l’organisme, lors d’une manifestation tenue hier soir à Dunham.

La marche, d’une distance aller-retour de 10 km,  avait comme point de départ le Hameau L’Oasis et comme destination l’intersection des chemins Favreau et Childerhouse, où Pipe-Lines Montréal songe à implanter une station de pompage.

«Lors du déversement de Kalamazoo, ça a pris 17 heures et plusieurs appels de citoyens avant qu’il y ait une intervention de la part d’Enbridge. Plus de 840 000 gallons américains de pétrole, soit 3,2 millions de litres, se sont répandus dans la rivière Kalamazoo et ses berges, soit l’équivalent d’environ 30 piscines hors terre de 18 pieds», fait valoir Jean Binette, président du Comité pour l’environnement de Dunham.

Ce dernier souligne que ce pétrole, qui provient des sables bitumineux de l’Alberta, s’est agglutiné sur le sol et dans le fond de l’eau, ce qui ne facilite pas le nettoyage.

«Certains experts croient que ça ne sert plus à rien de tenter de nettoyer le tout. C’est absolument épouvantable et c’est une catastrophe écologique majeure», scande M. Binette.

Parmi les marcheurs, on retrouvait Pierre Jacob, député fédéral de Brome-Missisquoi. Il a rappelé que le NPD exige une étude environnementale exhaustive avant toute mise en place d’un projet de transport de pétrole par pipeline.

«Actuellement, Pipe-Lines Montréal vise un maximum de retombées financières alors que pour la population, ces retombées sont presque à zéro. Je prends ce dossier très au sérieux et je me réjouis de constater que le Comité d’environnement de Dunham continue son excellent travail», a-t-il déclaré à JournalLeGuide.com.

Une manifestante, Sylvie Aubin, souhaite que cette manifestation contribuera à éveiller la conscience des citoyens.

«Il ne faut pas lâcher. Sans les pressions des opposants, la compagnie aurait déjà sa station de pompage à Dunham. Ce serait toutefois bien d’avoir plus de gens qui s’impliquent. Il faut cesser d’avoir peur du changement et se préoccuper davantage de notre environnement», dit-elle.

Sébastien Breton, compositeur de la chanson «Pas de pétrole dans notre vin», soutient que c’est plus que jamais d’actualité.

«Ça symbolise un cri de cœur des citoyens de la région, qui ont leur mot à dire dans ce dossier. Il est temps d’innover et de prendre le virage vert», allègue-t-il.

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