Investissements en défense: la ministre Joly promet de se «battre» pour le Québec

MONTRÉAL — Les investissements massifs prévus par le fédéral dans le secteur de la défense au cours des prochaines années respecteront une «forme d’équité régionale», avance la ministre de l’Industrie, Mélanie Joly, qui promet de se «battre» pour que le Québec obtienne sa part du gâteau.

Au lendemain de la présentation de la Stratégie industrielle en défense du Canada, l’élue québécoise s’est dite consciente que «toutes les régions du pays vont regarder de très près comment les contrats de la défense nationale vont être attribués».

Et que «pour maintenir la confiance des gens dans ce que le gouvernement fait, on doit être capable de faire en sorte que chaque région du pays puisse en bénéficier», a aussi reconnu Mme Joly.

«On va certainement avoir en tête une forme d’équité régionale», a dit la ministre lors d’une mêlée de presse, mercredi, à la suite d’un dîner-conférence organisé par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

«Il y a déjà de la présence des Forces armées canadiennes partout à travers le pays», a poursuivi la ministre devant les journalistes, citant en exemple les bases aériennes de Bagotville dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean et de Cold Lake en Alberta.

«On sait qu’il va avoir des investissements dans ces bases militaires là, parce que nécessairement, il va y avoir les F-35 qui vont arriver», a soutenu Mme Joly, ajoutant que la région de l’Arctique aura aussi sa part des investissements selon la stratégie en défense.

«Bien entendu, en tant que Québécoise, moi, je vais me battre pour avoir des investissements ici à Montréal et à travers le Québec. Je pense que le Québec est bien positionné», a-t-elle déclaré.

Le gouvernement Legault a souvent réitéré son désir de voir le Québec récolter sa juste part des investissements militaires prévus par Ottawa. La nouvelle Stratégie industrielle de défense du Canada prévoit des investissements de plus de 500 milliards $.

La semaine dernière, le ministre québécois de l’Économie, Jean Boulet, indiquait que le Québec compte sur 430 entreprises actives dans le marché de la défense et que plus de 900 PME ont aussi levé la main pour intégrer ce secteur, selon une cartographie réalisée par son ministère.

Un «biais» pour Montréal

Plusieurs acteurs du milieu politique, de l’éducation et des affaires du Québec se sont également mobilisés pour que Montréal obtienne l’implantation de la future Banque de la défense, de la sécurité et de la résilience (BDSR).

Cette nouvelle banque, dont le pays d’accueil reste à être déterminé, vise à soutenir les investissements militaires massifs prévus par les pays de l’OTAN et leurs alliés.

La métropole québécoise n’est pas la seule ville canadienne sur les rangs, Vancouver, Ottawa et Toronto ayant déjà manifesté leur intérêt. Le premier ministre du Québec, François Legault, en a appelé au soutien de Mme Joly et d’un autre ministre fédéral québécois, François-Philippe Champagne.

Sans préciser si elle militera en faveur de la candidature de Montréal au sein de son gouvernement, Mme Joly n’a pas caché, mercredi, avoir une certaine préférence.

«La décision va être prise par le cabinet et ultimement aussi par le premier ministre (Carney). Mais en tant que députée de Montréal, j’ai un biais», a-t-elle affirmé aux médias.

Aide financière de 33 millions $

Dans le cadre de son discours devant un parterre de gens d’affaires, Mme Joly est revenue sur les grandes lignes de la Stratégie industrielle en défense, présentée la veille par le premier ministre Mark Carney.

Elle en a aussi profité pour annoncer une enveloppe de 33,6 millions $ que se partageront 28 entreprises québécoises. Ce soutien financier vise à «accélérer leur intégration dans les chaînes d’approvisionnement nationales et internationales en défense».

Les fonds consentis soutiendront des projets à travers le Québec. Ils visent notamment à financer l’acquisition d’équipements, des stratégies de commercialisation et des mises à niveau d’installations.

La part la plus importante revient à l’entreprise Héroux-Devtek, qui reçoit 10 millions $ pour l’achat d’équipements devant lui permettre d’accroître sa productivité. La société de Longueuil conçoit et fabrique des trains d’atterrissage pour le secteur de la défense.

L’argent provient de l’Initiative régionale d’investissement dans la défense (IRID) pour le Québec, qui est dotée d’un budget de 64,9 millions $ sur trois ans. La plupart des sommes annoncées mercredi sont des contributions remboursables.

Pour être admissibles à l’aide financière, les entreprises doivent démontrer que leur projet répond à un besoin actuel ou futur des Forces armées canadiennes, de l’OTAN ou d’un pays allié.

Le programme IRID s’inscrit dans l’un des cinq piliers de la première Stratégie industrielle de défense du Canada.