La Bourse de Toronto et les marchés américains clôturent en baisse
TORONTO — Les marchés boursiers au Canada et aux États-Unis ont reculé mercredi, dans un contexte de baisse des cours des matières premières et de fortes fluctuations des titres liés à l’intelligence artificielle (IA).
«Nous sommes dans un marché où l’on vend sur la rumeur et où l’on achète sur les faits. Ainsi, dès qu’un fait d’actualité survient, la réaction immédiate du marché est de vendre, d’analyser la situation, puis peut-être de revenir plus tard pour acheter sur la baisse», explique Kevin Headland, co-stratège en chef des placements chez Manuvie Gestion de placements.
Il ajoute que la nouvelle escalade du conflit au Moyen-Orient a créé des vents contraires sur le marché.
Le prix du baril de Brent a augmenté de 1,8 % pour atteindre 93,10 $ US après que le président Donald Trump a averti que l’Iran «paierait le prix» de l’impasse des négociations entre les deux pays concernant leur conflit. Ce conflit a entraîné la fermeture effective du détroit d’Ormuz aux pétroliers, empêchant ainsi l’acheminement du brut du golfe Persique vers les clients du monde entier.
À la Bourse des matières premières de New York, le cours du pétrole brut, pour livraison en juillet, a pris 1,83 $ US à 90,03 $ US le baril.
La hausse des prix du pétrole a alimenté l’inflation, et un rapport publié mercredi a montré que les prix à la consommation aux États-Unis avaient bondi en mai à un rythme jamais vu depuis trois ans.
Wall Street est instable depuis la semaine dernière, lorsque les actions du secteur de l’IA sont passées d’une ascension fulgurante vers des records à une chute soudaine. L’une des préoccupations est que leurs cours aient tout simplement grimpé trop haut, trop vite, en raison de l’engouement pour l’IA. La question est désormais de savoir si cette baisse a dissipé l’optimisme excessif qui s’était peut-être accumulé dans leurs cours, ou s’il s’agit du début d’une baisse plus longue.
À New York, la moyenne Dow Jones des valeurs industrielles a dégringolé de 953,33 points, soit 1,87 %, à 49 918,78 points, tandis que l’indice élargi S&P 500 a laissé 119,66 points, ou 1,62 %, à 7266,99 points. L’indice composé du Nasdaq s’est pour sa part déprécié de 509,32 points, soit 1,98 %, à 25 169,50 points.
Super Micro Computer, qui commercialise des serveurs d’IA, a chuté de près de 28 % après avoir annoncé mardi soir son intention de lever 7 milliards $ US en vendant des actions ordinaires et des actions privilégiées convertibles. De telles opérations permettent aux entreprises de lever le plus de fonds lorsque le cours de leurs actions est élevé, mais elles peuvent diluer la participation des actionnaires existants.
Nvidia, l’entreprise de fabrication de puces devenue un géant pesant près de 4900 milliards $ US grâce à l’essor de l’IA, a été le titre le plus pénalisant pour le S&P 500 après avoir chuté de 3,73 %. Le deuxième titre le plus pénalisant a été un autre gagnant de l’IA, Broadcom, qui a chuté de 5,12 %.
Une partie de la pression sur les actions du secteur de l’IA pourrait également provenir des investisseurs qui retirent des liquidités pour se préparer aux introductions en bourse très médiatisées de plusieurs géants de l’IA sur le marché boursier américain. L’introduction en bourse de SpaceX pourrait, par exemple, avoir lieu plus tard cette semaine.
L’indice composé S&P/TSX du parquet torontois a abandonné 260,37 points, soit 0,76 %, pour terminer la séance avec 34 151,32 points.
Au Canada, les investisseurs ont digéré la décision de la Banque du Canada de maintenir son taux directeur inchangé pour la cinquième fois consécutive mercredi. Le gouverneur Tiff Macklem a également déclaré que, bien que l’économie soit faible, il ne dirait pas qu’elle est en récession.
M. Headland estime que les commentaires de la banque centrale semblent plus accommodants.
«Le marché semble réviser à la baisse ses anticipations de hausses de taux cette année, ce qui, à mon avis, est un signe positif pour les marchés», explique-t-il.
À la Bourse de Toronto, le secteur des matériaux a entraîné l’indice global à la baisse.
Le prix de l’or, pour livraison en août, a retraité de 153,10 $ US à 4286,40 $ US l’once.
M. Headland constate que la baisse du prix de l’or a également un «effet de contagion sur l’argent», ce qui «tire le secteur des matières premières vers le bas».
Sur le marché des devises, le dollar canadien s’est négocié au cours moyen de 71,79 cents US, en hausse par rapport à celui de 71,70 cents US de mardi.
— Avec des informations de l’Associated Press.
