La cheffe de l’APN a discuté de la séparation de l’Alberta avec le roi Charles
OTTAWA — La cheffe nationale de l’Assemblée des Premières Nations a critiqué le mouvement séparatiste de l’Alberta lors d’une rencontre avec le roi Charles mardi au palais de Buckingham.
«Le roi était d’accord avec nous pour dire que les Premières Nations sont des partenaires fondamentaux dans la création du Canada, et que notre relation ne peut être modifiée ou remise en cause uniquement pour des raisons politiques», a affirmé Cindy Woodhouse Nepinak à La Presse Canadienne lors d’une entrevue.
«Tant que le soleil brille, que l’herbe pousse et que la rivière coule, nous sommes tous des peuples signataires de traités au Canada.»
Le gouvernement de l’Alberta organise un référendum en octobre pour demander aux électeurs s’ils souhaitent rester au sein du Canada ou organiser un second référendum, cette fois contraignant, sur la séparation du Canada.
«Nous avons un magnifique pays. Si vous ne voulez pas en faire partie, vous êtes libres de partir. Vous n’emporterez aucune terre avec vous», a déclaré Mme Woodhouse Nepinak.
Elle a indiqué que d’autres discussions auraient lieu avec le roi Charles au sujet d’une éventuelle séparation, et qu’ils travaillaient ensemble sur une initiative pour la jeunesse.
Elle a également encouragé le roi à commander des médailles commémoratives des traités, comme l’avaient fait sa mère et sa grand-mère, afin de symboliser la relation durable entre les Premières Nations et la Couronne.
«Je pense que nous devons être unis. Nous devons travailler ensemble, a-t-elle affirmé. Il vaut mieux que nous nous soutenions mutuellement et que nous construisions le pays le plus fort et le meilleur au monde, plutôt que d’essayer de détruire une relation.»
Mme Woodhouse Nepinak a également indiqué qu’elle avait invité le roi à venir au Canada, car plusieurs traités approchent d’anniversaires marquants.
Elle était accompagnée d’une délégation de dirigeants des Premières Nations, dont les chefs régionaux Bobby Cameron de la Saskatchewan, Joanna Bernard du Nouveau-Brunswick et Willie Moore du Manitoba.
Mme Woodhouse Nepinak a précisé que cette rencontre avait vu le jour en partie grâce au plaidoyer d’anciens chefs nationaux qui «n’avaient jamais réussi à ouvrir ces portes».
«Les Premières Nations sont les propriétaires fonciers originels du Canada, et ils ont partagé ouvertement et de manière positive. Mais nos ancêtres ne s’attendaient pas à ce que nos enfants n’aient pas accès à des écoles ou à des logements convenables, ni à ce qu’ils soient exclus du système bancaire», a expliqué Mme Woodhouse Nepinak.
«Comment pouvons-nous faire mieux ensemble ?» a-t-elle ajouté.
