Les niveaux d’eau anormalement bas du fleuve Saint-Laurent nuisent à la navigation

MONTRÉAL — Les pilotes de bateaux sur le fleuve Saint-Laurent sont priés de faire preuve de prudence en raison des faibles niveaux d’eau, qui peuvent représenter des dangers pour la navigation.

Kevin Lajoie, porte-parole de la Corporation de gestion de la Voie maritime du Saint-Laurent, indique que la société a limité la vitesse en raison de la baisse du niveau d’eau du lac Saint-Louis, ajoutant qu’elle «mettra en œuvre des mesures d’atténuation supplémentaires si nécessaire».

Hannah Boonstra, porte-parole d’Environnement Canada, affirme que le temps chaud et sec au Québec et en Ontario est responsable de la baisse du niveau d’eau du Saint-Laurent.

Les températures ont dépassé 33 °C à Montréal dimanche et lundi, et le maximum mardi a atteint 34,6 °C, soit le record à cette date depuis le début des relevés en 1871.

«Le sud de l’Ontario et le sud du Québec ont connu un temps chaud et sec persistant en juillet et au début d’août (…) Par conséquent, les apports locaux dans le cours inférieur du fleuve Saint-Laurent sont réduits», a expliqué Mme Boonstra.

Le météorologue d’Environnement Canada, Frédérick Boulay, a affirmé que les 20 millimètres de pluie tombés sur Montréal mercredi à 16 h constituaient les premières précipitations importantes pour la ville depuis le 17 juillet. La seule autre précipitation depuis cette date était d’un seul millimètre, le 30 juillet, a-t-il précisé.

Les navires commerciaux transitant entre Québec et Montréal pourraient également devoir réduire leur chargement afin de garantir un dégagement suffisant, a écrit Pêches et Océans Canada mardi.

Francis Fortin-Legault, du Service hydrographique du Canada, indique que les pilotes de bateaux devraient soustraire environ 10 centimètres à la profondeur d’eau disponible dans le fleuve Saint-Laurent par rapport à celle indiquée sur les cartes de la voie navigable.

Il a expliqué que cela s’explique par le fait que les niveaux d’eau entre Montréal et Sorel-Tracy, à l’est, sont tombés sous le zéro des cartes, un niveau de référence utilisé pour créer les cartes.

Il a précisé que des niveaux d’eau bas surviennent périodiquement, mais qu’il est «rare» de les voir se produire en août.

«Les pilotes doivent être très prudents», a-t-il ajouté.

M. Fortin-Legault précise que les niveaux d’eau actuels sont réduits en raison de l’exploitation des barrages, mais aussi du manque de pluie ces dernières semaines, ce qui affecte les petites rivières qui se jettent dans le Saint-Laurent.

La Garde côtière canadienne a diffusé un avis le 6 août, avertissant que les bouées entre Montréal et Trois-Rivières pourraient être mal positionnées et peu fiables en raison de niveaux inférieurs aux normes.

Mardi, la Garde côtière a signalé qu’un vraquier de 180 mètres s’était échoué dans le fleuve Saint-Laurent, près de Montréal.

Un porte-parole a déclaré que l’échouement était dû à une panne de moteur et non au niveau d’eau, bien que de faibles niveaux puissent potentiellement avoir une incidence sur le plan de renflouement.

Les autorités montréalaises ont également imposé des restrictions sur l’arrosage des pelouses et d’autres utilisations de l’eau dans certains arrondissements à l’ouest du centre-ville en raison des faibles niveaux de la rivière des Prairies causés par «la chaleur extrême et la sécheresse».

L’interdiction comprend l’utilisation d’arroseurs ou de systèmes d’arrosage automatique, l’arrosage des pelouses, le lavage des voitures et le remplissage des piscines existantes.

La Ville a affirmé les faibles niveaux d’eau entraînent une mauvaise qualité de l’eau et augmentent la pression sur les infrastructures de traitement de l’eau, mais elle a assuré que la qualité de l’eau potable n’a pas été affectée.