L’Office des transports du Canada autorise la voie de contournement de Lac-Mégantic

MONTRÉAL — Le projet de construction de la voie de contournement ferroviaire de Lac-Mégantic franchit une nouvelle étape. L’Office des transports du Canada (OTC) indique jeudi l’avoir autorisé, affirmant que son emplacement est «convenable» et qu’il servira les économies régionale et nationale.

La demande, présentée par la Compagnie des chemins de fer du Canada-Pacifique (CPRC), au nom des Chemins de fer du Centre du Maine et du Québec Canada (CMQR), vise la construction d’environ 12,5 kilomètres de nouvelle ligne ferroviaire qui permettra de détourner le trafic ferroviaire du centre-ville de Lac-Mégantic.

La ville de l’Estrie avait été le théâtre d’un déraillement de train transportant du pétrole brut, en juillet 2013, causant la mort de 47 personnes et rasant une partie du centre-ville.

La Ville de Lac-Mégantic avait alors proposé la construction d’une voie de contournement ferroviaire, un projet que les gouvernements du Québec et du Canada se sont engagés à financer en 2018.

Le ministre fédéral des Transports, Steven MacKinnon, a annoncé en septembre dernier que le projet passait à la phase d’évaluation, en confiant le dossier à l’Office des transports du Canada.

M. MacKinnon s’est réjoui de cette «avancée importante» pour les citoyens de Lac-Mégantic et des municipalités voisines.

«Cette décision nous rapproche du début des travaux d’un projet attendu depuis longtemps, qui contribuera à améliorer la sécurité et la qualité de vie de la communauté», a-t-il commenté jeudi dans un communiqué.

Le député fédéral de Mégantic-L’Érable-Lotbinière, le conservateur Luc Berthold, s’est dit «soulagé» par l’autorisation de l’OTC. «13 ans après la tragédie, après les divisions, l’OTC a démontré le sérieux du projet et qu’elle a aussi pris au sérieux les arguments de tous les citoyens», a-t-il déclaré sur le réseau social X.

L’Office dit avoir tenu compte de l’emplacement de la voie de contournement proposée, des besoins opérationnels et de service de la CPRC, ainsi que des intérêts et préoccupations soulevés par les collectivités locales et les communautés autochtones.

La CPRC devra respecter une série de conditions, d’exigences et d’engagements tout au long du projet jusqu’à son exploitation.

Transports Canada promet «de collaborer avec ses partenaires afin de terminer ce projet le plus rapidement possible tout en tenant compte des besoins des communautés et en veillant au respect des normes de sécurité et à la protection de l’environnement».

La Coalition des victimes collatérales (CVC) de la voie de contournement ferroviaire de Lac-Mégantic avait fait des représentations auprès de l’Office au cours des derniers mois. Elle avait notamment soulevé des inquiétudes quant à l’indépendance et à l’impartialité de l’OTC.

Ce dernier a rejeté ces allégations en défendant son indépendance face à Transports Canada, dans sa décision rendue jeudi.

«Le fait que le gouvernement du Canada se soit prononcé en faveur de la voie de contournement n’empêche pas l’Office de remplir son rôle au titre de la LTC (Loi sur les transports au Canada)», a-t-il soutenu.

La CVC a plaidé ces dernières années que le tracé proposé était loin de l’acceptabilité sociale. Les autres municipalités concernées par le projet sont Frontenac et Nantes.

L’Office prévoit publier les motifs détaillés de sa décision au mois d’août.