L’Ontario propose des changements après l’accident mortel dans une garderie
RICHMOND HILL — Le gouvernement de l’Ontario propose des mesures visant à renforcer la sécurité dans les garderies. Un homme fait face à des accusations de conduite dangereuse après qu’un VUS a percuté une garderie au nord de Toronto, tuant un jeune enfant et blessant six autres enfants.
Trois membres du personnel ont également été blessés dans l’accident survenu mercredi à la First Roots Early Education Academy de Richmond Hill, en Ontario.
Le garçon décédé n’avait qu’un an et demi, a indiqué la police. Les autres enfants, âgés de 18 mois à trois ans, ont été transportés à l’hôpital avec diverses blessures. La police a indiqué que deux d’entre eux étaient toujours dans un état critique jeudi après-midi.
Le ministre de l’Éducation, Paul Calandra, a déclaré que le gouvernement proposait que les exploitants et les municipalités interdisent l’utilisation des places de stationnement adjacentes aux entrées, aux fenêtres et aux murs extérieurs des salles de classe ou des terrains de jeux des garderies.
M. Calandra a précisé que les espaces accessibles et les garderies exploitées à partir de domiciles privés constitueraient des exceptions.
Il a ajouté qu’il avait demandé à son ministère de collaborer avec les gestionnaires de services, les inspecteurs et les fournisseurs de services afin d’identifier les «vulnérabilités» à corriger en prévision des modifications législatives à venir.
«Notre gouvernement apportera toutes les modifications législatives ou réglementaires nécessaires aux restrictions municipales ou imposées par les propriétaires qui empêchent actuellement l’installation de barrières de protection, telles que des bornes, des jardinières, des bordures surélevées et autres infrastructures physiques, afin de protéger les enfants et les travailleurs dans ces environnements», a expliqué M. Calandra dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux.
La First Roots Early Education Academy s’est déclarée «sous le choc» après l’accident.
«Nous tenons à exprimer notre gratitude pour l’immense soutien et la sympathie manifestés et à remercier le personnel des services d’urgence qui a porté secours aux enfants touchés et à leurs familles, ainsi que notre personnel», a-t-elle dit dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux.
«Nous demandons que notre communauté bénéficie du respect de l’intimité nécessaire pour faire son deuil et se rétablir en cette période incroyablement difficile», a-t-elle ajouté.
Le conducteur de 70 ans libéré sous caution
Vinay Kumar Gupta, arrêté sur place à Richmond Hill, est accusé d’un chef d’accusation de conduite dangereuse ayant entraîné la mort et de deux chefs d’accusation de conduite dangereuse ayant causé des lésions corporelles. L’homme de 70 ans a été libéré sous caution après une brève comparution devant le tribunal jeudi.
Dans un communiqué publié jeudi après-midi, le chef de la police régionale de York, Jim MacSween, a affirmé que «rien ne permettait de croire que la collision était délibérée».
Il l’a qualifiée d’événement «dévastateur» et «traumatique», dont les répercussions se feraient sentir dans toute la région.
Les enquêteurs présents sur les lieux avaient déclaré, peu après l’accident de mercredi, que celui-ci ne semblait pas intentionnel. La police a confirmé que l’homme était le seul occupant du véhicule, et n’a pas encore précisé ce qui aurait pu déclencher l’incident lors de la prise en charge en après-midi.
Dans un communiqué publié jeudi, la police a indiqué qu’elle continuait de recueillir des preuves et que d’autres accusations pourraient être portées. Les personnes disposant d’images du secteur ont été invitées à se manifester.
Un juge d’un tribunal de Newmarket, en Ontario, a accordé jeudi après-midi une ordonnance de non-publication concernant les informations partagées lors de l’audience de mise en liberté sous caution de Gupta.
Il a été libéré sous caution de 25 000 $, assortie de conditions, notamment celle de vivre avec un garant, de ne pas conduire de véhicule et de ne pas avoir les clés d’aucun véhicule.
Un véhicule électrique Hyundai a été extrait par la fenêtre brisée de la garderie et chargé sur une dépanneuse mercredi soir. Il présentait peu de dégâts visibles, hormis une plaque d’immatriculation qui pendait et des éclats de verre sur le capot.
Jeudi matin, la grande fenêtre était barricadée avec du contreplaqué et d’autres morceaux de bois.
Juste en dessous, une collection d’animaux en peluche était posée face au stationnement. Des résidents avaient également déposé des bouquets de fleurs, un mini-ballon de basket et une bougie.
Un panneau indiquant «Veuillez ralentir» était toujours accroché au mur près du lieu de l’accident.
Emirson Bekirovski était au travail lorsqu’il a reçu un message de la garderie concernant une urgence l’obligeant à venir chercher sa fille de quatre ans.
«Ma femme est arrivée et elle était très traumatisée de voir tous ces hélicoptères et ces voitures de police», a expliqué M. Bekirovski, ajoutant que les parents n’avaient pas reçu beaucoup d’informations sur la situation, si ce n’est la consigne de ramener leurs enfants à la maison.
La police a confirmé que 96 enfants se trouvaient dans plusieurs salles de la garderie au moment de l’accident.
«Nous sommes évidemment très heureux que notre fille soit avec nous et en sécurité, mais nous sommes évidemment très traumatisés par le fait que cela se soit produit si près de chez nous», a expliqué M. Bekirovski.
Ruth Brainis, habitante du quartier et mère de deux jeunes enfants, s’est dite «dévastée» et écœurée en apprenant l’accident.
Mme Brainis s’est rendue sur place jeudi matin pour déposer des fleurs et rendre hommage aux familles touchées.
«Quand il s’agit d’enfants, c’est vraiment dur, a-t-elle expliqué. Je n’ose imaginer la souffrance que ces pauvres parents endurent. Je ne souhaite cela à personne.»
Hava Jouharchi, habitante de Richmond Hill depuis plus de 25 ans, a confié qu’elle ne savait pas quoi penser lorsqu’elle a appris l’accident survenu à la garderie que fréquentaient autrefois ses enfants.
«Mon fils passait par ici environ 10 minutes avant que ça se produise, et c’est comme ça que je l’ai appris, a expliqué Mme Jouharchi. Nous n’avons jamais rien vu de tel et j’ai été choqué.»
Les habitants ont continué à venir tout au long de la journée pour apporter des fleurs et des peluches. Certains ont amené leurs enfants. Un père portait sa fillette tandis que sa mère déposait un bouquet.
La prochaine comparution de Gupta devant le tribunal est prévue le 16 octobre.
