Sutton veut devenir une ville zéro déchet

Sutton veut devenir une ville zéro déchet

Crédit photo : Journal Le Guide - Stéphanie Mac Farlane

ENVIRONNEMENT. Devenir une ville zéro déchet, tel est l’objectif de Sutton. Les citoyens sont d’ailleurs invités à une première rencontre le 22 mai afin de discuter de cette nouvelle orientation et à s’impliquer dans un groupe de travail.

Cette idée de devenir une ville sans déchet découle de la mise en place de la collecte de matières compostables cet automne. En ce moment, les ordures ménagères et le recyclage sont collectés aux deux semaines à Sutton. Avec la venue du bac brun, le calendrier de la collecte pourrait être modifié.

La municipalité profite de l’occasion pour de se questionner sur sa gestion des déchets, qu’ils soient compostables, recyclables ou résiduels. Divers mouvements citoyens faisant la promotion d’une consommation responsable sont notamment en branle dans la communauté (voir autre texte). La municipalité veut profiter de ce dialogue pour amorcer une réflexion plus large. «En parlant avec les citoyens, c’est une belle opportunité de travailler tous ensemble à réduire nos matières résiduelles», convient Patricia Lefèvre, conseillère municipale à la Ville de Sutton.

Le projet de devenir une ville qui ne génère aucun déchet en est à ses balbutiements. Ainsi, aucun échéancier n’a encore été convenu. «Le but de devenir une ville zéro déchet est ambitieux, mais je ne crois pas qu’il soit farfelu. Ça va toutefois prendre du temps. Les gens vont devoir changer leurs habitudes de consommation et de vie», dit Mme Lefèvre en citant en exemple la longue transition vers le bac bleu. «Changer les comportements, c’est long, mais ça ne veut pas dire de ne pas le faire. Si rien n’est fait, ça va être pire», ajoute-t-elle.

Création d’un groupe de travail

Les résidents de Sutton sont invités à s’impliquer pour implanter cette nouvelle vision. Un groupe de travail, formé à présent du maire Michel Lafrance, ainsi que des conseillères municipales Rosanne Cohen et Patricia Lefèvre, organise une première rencontre. Celle-ci se tiendra le mardi 22 mai, à 17h, à l’hôtel de ville de Sutton.

Les Suttonnais qui souhaitent contribuer au projet pourront signifier leur intérêt. Patricia Lefèvre mentionne que la rencontre permettra aux participants et à la municipalité de partager leurs connaissances en matière de production et de gestions des déchets résiduels et recyclables, ainsi que des matières organiques. Ce sera aussi l’occasion de constater quelles sont les informations manquantes et d’initier un processus de collaboration entre les citoyens et les élus.

«On a la chance d’avoir beaucoup de citoyens concernés par la question environnementale à Sutton. Ils ont des connaissances, des compétences et de l’énergie à mettre pour réaliser cet objectif. Les citoyens et la Ville ont une super opportunité de travailler ensemble.»

Elle réitère que l’objectif de parvenir à un mode de vie municipal sans déchet est réaliste, mais il doit être compris par l’ensemble des citoyens. «On a un but plus qu’un objectif parce que pour avoir un objectif, il faut avoir une meilleure compréhension de l’enjeu», ajoute-t-elle.

Patricia Lefèvre est consciente que les volets touristique et villégiature de Sutton représentent des défis supplémentaires. «Ça oblige à une gestion plus souple et plus complexe des matières. Ce serait plus simple si tout le monde était résident permanent! En même temps, c’est un problème intéressant», dit-elle.

D’autres exemples?

Patricia Lefèvre ne sait pas si d’autres municipalités au Québec ont entamé un virage comme souhaite le faire Sutton, mais elle ne serait pas étonnée que d’autres initiatives du genre soient en cours de réalisation. À Québec, un mouvement collectif, qui a vu le jour au début de 2018, demande à la Ville d’adopter une stratégie zéro déchet. De son côté, Vancouver aspire à ne plus générer de vidange d’ici 2040. La Ville de San Diego, aux États-Unis, s’est dotée du même objectif que la capitale de la Colombie-Britannique. En Californie, San Francisco a adopté une résolution en 2003 afin de devenir une ville zéro déchet dès 2020.