Trois ans de prison pour avoir introduit 17 000 $ de drogue au pénitencier de Cowansville

Trois ans de prison pour avoir introduit 17 000 $ de drogue au pénitencier de Cowansville

Le pénitencier de Cowansville

Crédit photo : Gracieuseté - Service correctionnel du Canada

CRIMINALITÉ. Un détenu, qui avait introduit 17 000 $ de cannabis et de haschisch, ainsi qu’un kilo de tabac au pénitencier de Cowansville pour impressionner ses codétenus, vient d’être condamné à purger un peu plus de trois ans de prison.

Ayant l’étiquette de trafiquant et voulant montrer qu’il pouvait introduire de grandes quantités de drogue en prison, le détenu Gaétan D’Amours a orchestré une opération pour introduire 69,1 grammes de marijuana, 99 grammes de haschisch et plus d’un kilo de tabac, le 19 avril 2010, au pénitencier de Cowansville.

«Le colis était emballé soigneusement et placé sous un camion de livraison, celui d’une laiterie qui livrait des produits au pénitencier. Un autre détenu a été arrêté alors qu’il était couché sous le camion à tenter de détacher le colis dissimulé», lit-on dans le jugement rendu par le juge Serge Champoux, le 22 mai, au palais de justice de Cowansville.

La valeur de la drogue saisie en milieu carcéral est estimée à 17 000 $. À cela, il faut ajouter la valeur du tabac, une donnée qui n’a pas été détaillée dans le présent jugement.

Défi

Au moment des événements, Gaétan D’Amours purgeait une peine pour trafic de stupéfiants, commerce illégal pour lequel il avait été à un niveau important dans la hiérarchie d’un réseau local de trafic de drogue. L’un des chefs d’accusation lui reprochait également d’avoir agi au profit d’une organisation criminelle. «Il semble qu’il ait décidé de s’impliquer dans les présents délits plutôt par défi que par nécessité», mentionne le juge Serge Champoux.

Ce dernier rappelle que la drogue dans un pénitencier est un «grave fléau». «On connaît aussi trop bien les conséquences du trafic de la drogue dans les prisons, qu’il s’agisse de la violence engendrée pour les distribuer, les pressions sur les familles de payer des dettes ou encore les risques reliés à la sécurité de l’établissement et de ses employés», poursuit le magistrat.

Il souligne également qu’introduire de la drogue en prison est un crime «très grave qui contrecarre complètement les visées et les objectifs de l’incarcération et sape les efforts du système judiciaire dans son ensemble visant à assurer une société plus paisible.»

Pas de remords

Il s’est écoulé plus de huit ans entre l’infraction et le prononcé de la peine. Le jugement fait état de multiples démarches de l’accusé pour étirer les délais et d’autres facteurs aggravants.

«Il a cherché par tous les moyens à retarder l’issue de son dossier et s’est esquivé de la justice, ne démontre pas de remords, pas de regrets, sinon pour lui-même et son fils. Sa reprise en main apparaît aussi douteuse», écrit le juge Champoux.

Ce dernier a condamné Gaétan D’Amours à une peine de 42 mois pour chacun des deux chefs d’accusation auxquels il faisait face, à purger de façon concurrente. Toutefois, en raison de la détention préventive de l’accusé de 62 jours, la peine est plutôt de 39 mois et 28 jours.

Le juge Serge Champoux a aussi ordonné une interdiction à vie pour Gaétan D’Amours de posséder des armes.