Une nouvelle tique aux portes de l’Estrie

Une nouvelle tique aux portes de l’Estrie

Tique à pattes noires responsable de la maladie de Lyme.

Crédit photo : Journal Le Guide - Archives

SANTÉ PUBLIQUE. Après la tique à pattes noires, qui peut être porteuse de la maladie de Lyme, voilà qu’un nouveau parasite cogne aux portes de la frontière canadienne, en Estrie : la tique asiatique.

Si cette tique a le potentiel de tuer un humain en raison d’une variété de maladies qu’elle peut transmettre, la Dre Karine Thivierge, responsable du secteur Parasitologie au laboratoire de santé publique du Québec de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), se fait rassurante : les tiques asiatiques découvertes en Amérique du Nord ne sont porteuses d’aucun des syndromes recensés ailleurs, dont en Asie.

«Le danger de cette tique, c’est qu’elle pourrait transmettre des maladies, mais elles n’ont pas été identifiées sur les [tiques asiatiques] découvertes aux États-Unis, mentionne la Dre Thivierge. Et au Québec, on ne l’a pas vu encore cette tique.»

C’est donc dire que la ou les tiques introduites en Amérique du Nord n’étaient pas porteuses de ces syndromes. Or, l’intrusion d’une tique infectée n’est pas écartée dans le futur. «Oui, il y a une possibilité d’intrusion, mais on est en mode surveillance», souligne la parasitologiste.

Surveillance

Un programme de surveillance est en place pour guetter l’arrivée de la tique asiatique ou de toute nouvelle tique en sol québécois et canadien. Ce guet s’effectue de deux façons, soit une surveillance passive et par l’envoi d’équipes sur le terrain. «En surveillance passive, on demande aux médecins ou aux vétérinaires qui trouvent des tiques de les envoyer au laboratoire. Ça nous permet de voir ce qu’il se passe», explique la Dre Thivierge.

Lorsque la surveillance passive permet de constater qu’une population de tiques est bien établie à un endroit, des équipes sont envoyées sur le terrain. Des collectes sont effectuées afin d’établir un portrait des populations de tiques. Cette activité est notamment effectuée dans la région de Cowansville. Outre la traque de la tique à pattes noires, responsable de la maladie de Lyme, les scientifiques observent et documentent la présence d’autres espèces de parasites.

La Dre Karine Thivierge ajoute que les scientifiques vont découvrir rapidement la présence de cette tique dès son entrée en sol québécois. «Elle cherche un hôte. Elle n’est pas passive. Les gens vont se faire piquer, mais actuellement, on n’en trouve pas», ajoute l’experte.

En plus de l’équipe de surveillance de l’INSPQ, celles du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) et de l’Agence canadienne d’inspection des aliments guettent l’arrivée de tiques et autres parasites, notamment sur le bétail.

Reproduction

La femelle de la tique asiatique a la particularité de ne pas avoir besoin d’être fécondée par un mâle pour se reproduire. «En Australie, par exemple, le problème n’est pas chez l’homme, mais chez le bétail. C’est une tique, par la façon dont elle se reproduit, qui peut se retrouver en grande quantité sur un même animal», précise la Dre Thivierge.

Les tiques asiatiques peuvent donc causer une exsanguination et tuer une bête aussi imposante qu’un orignal. «Mais un humain n’en mourrait pas parce qu’il enlèverait les tiques avant», nuance la parasitologiste.

Et la tique étoilée?

Une autre tique, baptisée la tique étoilée, est en progression au nord des États-Unis. La morsure de celle-ci a la particularité de rendre son hôte allergique à la viande, le forçant à adopter une alimentation végétarienne ou végétalienne. «On n’a pas détecté de population établie au Québec. On en trouve entre 20 et 40 par année. C’est un très faible nombre», mentionne la Dre Karine Thivierge. Encore là, les scientifiques surveillent son arrivée.